C'est votre droit de vouloir être personnels dans vos réflexions et dans vos projets.  Mais vous n'y arriverez pas sans repères, sans carte routière.  On ne peut pas partir de rien, ni avancer sans un itinéraire quelque peu fléché.  Y a-t-il des ordinateurs qui fonctionnent sans programme?

Impossible de broder sans canevas.  Il faut de la terre ferme sous les pieds, si l'ont veut avancer.  Cette exigence ne signifie nullement qu'on ait peur de marcher.  Les idées justes et claires, les bons "slogans" même, ne sont pas toujours simplismes ou pâture de fanatiques: ils peuvent cacher une sagesse.  Toute certitude reçue d'ailleurs ne nous empêche pas de réfléchir personnellement; elle ne muselle pas forcément notre sens critique.  Par ailleurs, certaines certitudes, loin d'enchaîner, libèrent.  Elles rendent l'action possible.  Elles ne sont pas nécessairement écrasantes ni oppressives.

Nous avons besoin de certitudes.  Nous sommes sur la bonne voie, quand nous recherchons des instances et des lieux qui nous en offrent.  Certes, nous avons droit à l'inventivité, à l'imagination et à la créativité; mais tout autant à la tradition et à la mémoire.

Cependant, ceux qui offrent des certitudes doivent aussi nous laisser libres.  La certitude doit être un soutien, non une entrave.  Famille, école, mouvement, club de jeunes, doivent être à la fois lieux de certitudes et de liberté.  Vous le savez bien.

Cardinal Danneels

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