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samedi 13 décembre 2014

Sans amour, je ne suis rien...

J'aurais beau avoir les diplômes les plus beaux et être le plus doué, si je ne parviens plus à me rendre proche de chacun... je ne suis rien.

J'aurais beau être un joueur de guitare formidable et savoir bien chanter, si je ne peux associer les autres à ma joie... je ne suis rien.

J'aurais beau être un bon organisateur et être entreprenant, s'il me manque la patience... je ne suis rien.

J'aurais beau être le plus rapide et être performant, s'il me manque l'esprit d'équipe... je ne suis rien.

J'aurais beau avoir la tête pleine de projets et des idées à revendre, si les autres n'y ont pas leur place... je ne suis rien.

J'aurais beau savoir parler toutes les langues et pouvoir les comprendre, si je ne sais pas être à l'écoute des autres... je ne suis rien.

J'aurais beau être le plus ancier et avoir une fameuse expérience, si je ne peux "OSER PLUS" et suis incapable de me renouveler... je ne suis rien.

J'aurais beau être toujours disponible et être dans tous les coups, si je ne m'arrête plus pour me ressourcer... je ne suis rien.

J'aurais beau avoir visité tous les pays du monde et avoir vu les plus belles choses, si je ne sais plus m'émerveiller du sourire d'un enfant... je ne suis rien.

J'aurais beau... mais s'il me manque l'amour, je ne suis rien!

ZZZ-SIGNATURE

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samedi 6 décembre 2014

La parabole du tissu

La communauté est comme un tissu qui s'élabore.  Un tissu dont je ne sais pas ce qu'il sera mais qui, autour de nous, peu à peu, se tisse sans modèle ni dessin savant.

Dans ce tissu, je peux être un fil, un trait de couleur... bleu profond?  Rouge éclatant?  Ou bien le fil de lin gris...  Cette troisième couleur, au dire des tisserands, est la plus importante: le gris neutre de tous les jours, celui qui fait chanter le bleu profond et le rouge éclatant.  Celui qui est porteur d'harmonie.

N'avoir que ma propre couleur et de cela me réjouis pour qu'elle apporte la joie et non la rivalité.  Comme si moi, bleu, j'étais l'ennemi du vert.  Comme si j'étais, moi, ton adversaire.

Et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas entrer avec nous dans l'ouvrage?

Irai-je, les précédant, leur faire place pour qu'ils viennent librement de leurs propres couleurs se mêler au dessin?

Il y a une place pour tous.  Et chaque fil vient apporter une continuité: non seulement ceux qui sont à l'origine du travail ont été tendus d'un support à l'autre du métier, mais chaque fil!

Un fil vient à rompre, aussitôt, le travail s'arrête et les mains patientes de tous les tisserands s'appliquent à le renouer...

Chaque fil, même le plus lumineux, peut disparaître, tissé sous les autres.  Il est cependant là, non loin, même si notre oeil ne le perçoit plus...

Maintenant, c'est au tour du mien d'être lancé à travers la chaîne.  Quand son trait aura cessé d'être visible, alors toute l'harmonie apparaîtra: harmonie de ma nuance mêlée à toutes les autres qui l'accompagnent jusqu'à ce qu'elle disparraisse.

ZZZ-SIGNATURE

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samedi 29 novembre 2014

Les sagesses du monde entier le disent...

* Voici certainement la maxime d'amour: ne pas faire aux autres ce que l'on ne veut pas qu'ils vous fassent.  Confucianisme

* Nul de nous n'est un croyant s'il ne désire pour son frère ce qu'il désire pour lui-même.  Islamisme

* Considère que ton voisin gagne ton gain et que ton voisin per ce que tu perds.  Taôisme

* La nature seule est bonne qui se réprime pour ne point faire à autrui ce qui ne serait pas bon pour elle.  Mazdéisme

* Ainsi, tout ce que vous désirez que les autres fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux: voilà la Loi et les Prophètes.  Christianisme

* Ce que tu tiens pour haïssable, ne le fais pas à ton prochain.  C'est là toutes la loi, le reste n'est que commentaire.  Judaïsme

* Telle est la somme du devoir: ne fais pas aux autres ce qui à toi te ferait du mal.  Hindouisme

* Ne blesse pas autrui de la manière qui te blesserait.  Boudhisme

ZZZ-SIGNATURE

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samedi 22 novembre 2014

La fenêtre et le miroir

Un homme dont la richesse avait endurci le coeur et qui se sentait malheureux s'en vint trouver un Rabbi dans l'espoir de retrouver la joie.

Ce Rabbi lui dit:

- Regarde par cette fenêtre et dis-moi ce que tu vois.

- Je vois des hommes dans la rue qui vont et viennent.

Alors, le Rabbi lui tendit un miroir et lui dit:

- Regarde dans ce miroir et dis-moi ce que tu vois.

L'homme reprit:

- Je me vois-moi-même!

- Et tu ne vois plus les autres?  Songe que la fenêtre et le miroir sont faits tous les deux avec la même matière première: le verre.  Mais le miroir ayant été recouvert d'argent par derrière, tu n'y vois plus que toi-même tandis que tu vois les autres à travers la vitre transparente de la fenêtre.  Je déplore d'avoir à te comparer à ces deux espèces de verre.  Pauvre, tu voyais les autres et tu en avais compassion.  Couvert d'argent, tu ne vois plus que toi-même.  Sans doute vaut-il mieux gratter le revêtement d'argent pour qu'à nouveau tu puisses voir les autres...

ZZZ-SIGNATURE

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samedi 15 novembre 2014

Les baguettes de riz

Un vieux sage chinois reçut un jour la faveur de visiter le ciel et l'enfer.

En enfert, il vit des hommes et des femmes blêmes, décharnés, assis autour d'un tas de riz énorme et appétissant.  Ils mouraient de faim car ils n'avaient pour manger que des baguettes démesurées, longues comme des rames de sampan.

Effrayé, le sage s'enfuit au ciel.  Là, il vit des hommes et des femmes assis autour d'un plat de riz tout semblable au premier.  Mais ils étaient heureux, épanouis et resplendissants de santé.  Car chacun, avec ses baguettes immenses, donnait à manger à son vis-à-vis.

ZZZ-SIGNATURE

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samedi 8 novembre 2014

Nastoddin, Hodja et l'âne Honoré

Hodja est un personnage célèbre!  Imaginez un bonhomme tout rond, la figure joufflue, les yeux pétillants de gaieté et de finesse, des favoris blancs et le crâne complètement chauve.  Son inséparable compagnon est un vieil âne patient et sage qui n'hésite pas à lui donner son avis et ses conseils en cas de besoin!

Un jour, de grand matin, Hodja enfourcha son âne et s'en alla aux champs.  Ayant bien attaché son âne, il se mit au travail.  Tout le jour, il travailla dur sous le ciel brûlant.  Il bêcha, creusa, piocha sans relâche.  Quand vint le crépuscule, il était las et avait soif.  Le bonhomme soupira et se redressa et appuya sa pioche sur un tronc d'arbre noueux.  Il s'épongea le front et dit:

- Je travaillerai encore une heure puis je retournerai à la maison manger et me reposer.

Mais aussitôt, il crut entendre la voix de sa femme qui l'appelait de la maison:

- Hodja, rentre à la maison.

La femme de Hodja était une femme petite et énergique avec des yeux brillants et une voix pénétrante.  Elle marcha le long du chemin et s'approcha de la clôture du champ où Hodja travaillait.  Elle l'appela de nouveau.

- Hodja, ne traîne pas!

Elle attendit patiemmement qu'il délaisse enfin sa pioche et lui demanda:

- Tu as oublié?

- Oublié quoi?

- La fête! répondit-elle.

- Quelle fête?

- Mais la fête de chez l'Emir Nami!

- Oh!

En effet, il avait bel et bien oublié que l'Emir donnait une fête ce soir-là.

- Tu vas te mettre en retard.  Et regarde tes vêtements! s'exclama sa femme.

Hodja n'était pas très beau à voir: une silhouette ronde et fatiguée, des vêtements usés, la figure et les mains sales et couvertes de sueur.

- Tu ferais mieux de venir changer de vêtements.  Et un bon bain ne te fera pas de tort, lui dit sa femme.

Mais le bonhomme fit signe que non.

- Allez, ne sois pas têtu.

- Je n'ai pas le temps de me changer.  On m'accueillera bien comme je suis.

 

Il partit sur son vieil âne.  Ils se dirigèrent à petits pas vers le lieu du festin.

Quand Hodja pénétra dans la salle de réception et qu'ils se trouvèrent parmi les convives richement vêtus, il se produisit quelque chose d'étonnant: personne ne semblait le reconnaître.

Et l'Emir qui offrait le banquet fit tout comme s'il ne savait pas qui il était.

- Bonjour, très cher Emir!  Je ne sais comment vous remercier de m'avoir invité à cette...

Mais l'Emir ne lui laissa même pas finir sa phrase.  Il lui tourna le dos et continua à parler aux autres invités.  Pauvre Hodja, c'était plus que ce qu'il ne pouvait endurer.  Il remonta sur son âne et s'en retourna à la maison.

- Que s'est-il passé? demanda sa femme.

- Rien encore, mais ce n'est pas fini.

Puis il se baigna, se frotta jusqu'à ce que sa peau brillât comme un sou neuf.  Enfin, il enfila ses plus beaux vêtements et demanda à sa femme de lui amener sa plus belle veste.

- De quoi ai-je l'air, maintenant?

- Tu es plus beau que l'Emir lui-même.

- Bien.

Puis il se dirigea vers sont vieil âne patient et sage.  L'âne l'examina de ses gros yeux ronds puis hocha la tête une fois, deux fois.

- Parfait, retournons au banquet!

 

Quand Hodja arriva chez l'Emir, la fête battait son plein.  On mangeait, on riait, on s'amusait ferme.  Dès sont entrée, tous les regards convergèrent vers lui.

- Ah, voici enfin Hodja!

Il se précipita vers lui et l'embrassa.

- Que vous êtes beau!  Vous arrivez?

- Oui, fit Hodja, sachant que l'Emir l'avait déjà vu la première fois.

L'Emir se retourna vers les convives et leur dit d'une voix haute et ferme:

- Que tout le monde souhaite la bienvenue à Hodja.

Les souhaits de bienvenue remplirent aussitôt la salle.

- Et maintenant, venez vous asseoir à ma droite, hôte honoré.

Comme il accompagnait son hôte vers la place d'honneur, il lui confia:

- Votre habit est magnifique, je n'en ai jamais vu de pareil.

- Je suis ravi qu'il vous plaise, répondit Hodja.

Il s'assit et attendit d'être servi.  Puis il fit la chose la plus inattendue.  Il prit une pièce de veau et la mit dans la poche de sa veste en disant:

- C'est pour toi ma chère veste.

Puis il se servit de raisins et les enfouit aussitôt dans une autre poche!

- J'espère que tu aimes le raisin frais!

Les autres le regardèrent faire, pleins de surprise.  Hodja prit une olive et allait la mettre dans sa poche lorsque l'Emir lui demanda s'il ne devenait pas fou.  Hodja se retourna vers l'Emir et répondit avec le plus grand calme:

- Je ne suis pas fou du tout.  Je donne à manger à mon costume car c'est lui que vous avez invité et pas moi.

 

Là-dessus, Hodja se leva et se retira.  Il retrouva son vieil âne patient et sage et lui jeta un regard de triomphe.  L'âne sourit et hocha les yeux et la tête en silence.  Et ils s'en retournèrent à la maison...

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samedi 1 novembre 2014

La légende des canards

Un  jour, une grave dispute s'éleva entre les canards de la ferme.  Du coup, ils allèrent chacun s'installer dans leur petite mare à eux pour barboter dans ce qui leur paraissait être le seul océan.  Mais ils demeuraient quand même un peu tristes d'être séparés.  Sortir de leur mare pour aller rejoindre celle des autres, il n'en était pas question!  Lorsqu'un jour, la pluie tomba, tomba ferme, l'eau monta, monta dans chacune des petites mares... jusqu'à ne plus faire qu'un seul grand lac où tous les petits canards enfin réunis barbotèrent de concert en éclaboussements joyeux, dans le bonheur des retrouvailles!

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samedi 25 octobre 2014

Percer le mur...

C'était une maison aux murs épais, plantée depuis toujours au haut du coteau.  Elle était belle.  Mais isolée, elle n'avait pas encore obtenu l'électricité.

Lorsqu'un beau matin, le vieux paysan qui l'habitait vit monter jusqu'à sa ferme une camionnette chargée de matériel:

- Nous sommes en train de tirer une ligne électrique à travers le plateau.  Elle va passer près de chez vous.  Voulez-vous être raccordé?

- Bien sûr!  Ce sera merveilleux!  J'aurai enfin la lumière tous les soirs, le courant pour ma scie et mon tour, la télévision et ses images tout au long de la journée!

- Mais vos murs sont épais.  Il nous va falloir percer un trou pour faire passer la ligne.

- Ah cela, non!  Jamais!  Cela va faire du bruit, de la poussière!  Vous n'entrerez pas chez moi!  Vous ne toucherez pas à mes murs!

Et le paysan, buté, faute d'accepter de faire brèche dans sa carapace de vieilles habitudes, n'obtint jamais la lumière en sa maison.  Il choisit de vivre dans le noir.  Et dans le noir, il demeura...

D'une vieille prédication évangélique en Ardèche

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samedi 18 octobre 2014

Je vais faire une promenade...

Je vais faire une promenade.

Il ne tient qu'à moi que cela ne soit pas une promenade ordinaire.

Je mettrai tous mes sens en éveil.

Je serai très sensible à la lumière, à la couleur, aux formes.

J'entendrai plus clairement les sons qui m'entourent.

Je percevrai toutes les odeurs fines auxquelles mon nez est en général insensible.

Je sentirai tous les mouvements que j'accomplirai en marchant.

Je porterai attention aux nuages, au vent et aux oiseaux.

J'aurai l'esprit ouvert et paisible.  Je prêterai attention à tout, je me sentirai en relation avec les gens que je rencontrerai, avec les arbres et les plantes que je verrai, avec la terre, avec...

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samedi 11 octobre 2014

Anti-création

Au commencement, la Terre existait et la Terre était bonne et belle.  Les hommes se dirent:

- Qu'il y ait des maisons dans les plus beaux endroits.  Et la Terre fut couverte de béton, d'asphalte et d'acier tandis que disparaissaient les plantes et les prés.

 

Le second jour, les hommes virent les eaux qui couraient sur la surface de la Terre.  Et ils se dirent:

- Que se mêlent les eaux cristallines aux eaux résiduaires.  Et il en fut ainsi.  Les ruisseaux furent contaminés et les mers ne furent plus que pourriture.

 

Le troisième jour, les hommes regardèrent les forêts qui poussaient en dehors des villes et ils se dirent:

- Coupons les arbres et utilisons leur bois pour produire de l'aggloméré et du papier journal.  Et il en fut ainsi.  Les bois et les forêts furent rasés et la Terre devint déserte.

 

Le quatrième jour, les hommes contemplèrent les animaux qui se promenaient sur le sol.  Et ils se dirent:

- Il est dangereux que ces bêtes jouissent de la liberté: faisons un parc et chassons pour notre plaisir.  Et il en fut ainsi.  Et les espèces s'éteignirent et disparurent de la surface de la Terre.

 

Le cinquième jour, les hommes humèrent.  Et ils se dirent:

- Que se mêle l'air pur aux fumées des usines et des moteurs.  Et il en fut ainsi.  L'air fut contaminé de vapeurs nocives et devint irrespirable.

 

Le sixième jour, les hommes se regardèrent les uns les autres et ils se rendirent compte qu'ils ne parlaient pas la même langue et ils commencèrent à se craindre les uns les autres, ils se haïrent.  Et ils se dirent:

- Faisons des armes puissantes pour dominer et détruire le voisin avant qu'il ne nous extermine.  Et il en fut ainsi.  Et la Terre s'illumina du feu de la guerre.

 

Le septième jour, la Terre redevint belle et magnifique parce que les hommes avaient disparu de sa face.

 

ZZZ-SIGNATURE

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